mardi 4 mai 2010

Loys Secrétain, le seul faux-monnayeur bouilli vif à Tours


Au XVème siècle, les pénalités infligées par la justice aux faux-monnayeurs étaient particulièrement barbares.


En voici un exemple tiré du registre des délibérations de la municipalité de Tours (tome XIII) : le seul condamné à mort en France à être bouilli vif !



Le lundi 11 février 1488, un faux monnayeur, nommé Loys Secrétain, convaincu de fabrication de fausse monnaie, fut condamné par le bailli de Touraine "à estre bouilly, traîné et pendu sur la place de la Fère-le-Roy".


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L'exécuteur de justice, nommé Denis, amena "le dit Loys, sur un chaffault (échafaud en vieux français), auprès de la chaudière et le lia de cordes par les jambes et par le corps, lui fit dire son in manus (prière par laquelle on recommande son âme à Dieu) et le poussa et jeta la tête la première dedans la chaudière pour bouillir (par charité, le bourreau étranglait toujours le condamné avant de le jeter dans la marmite, sauf pour ce pauvre Loys Secrétain !).

Les cordes lâchèrent tellement qu'il revint deux fois sur l'eau, criant : Miséricorde ! Miséricorde ! Ce voyant, le Prévôt et quelques habitants, Rochard, Pénigault, etc..., se mirent à frapper sur le bourreau et fais un grand déshonneur à la ville de Tours."




"L'exécuteur, voyant la colère du peuple, voulut effondrer par deux ou trois fois le dit malfaiteur avec un grand croc de fer ; incontinent plusieurs, croyant que les cordes avaient été rompues par miracle, s'émurent à haute voix et voyant que le dit faux monnayeur ne souffrait aucun mal, ils s'approchèrent du bourreau, couché le visage contre terre, et lui donnèrent tant de coups qu'il mourut en la place même."



Charles VIII fit grâce aux habitants accusés d'avoir occis (tué) le bourreau ; quant au faux monnayeur, on l'emporta dans l'église des Jacobins "où il se mussa (cacha) si tellement qu'il ne se oserait jamais plus se manifester".

Pendant sa convalescence, ce jeune orfèvre et faux-monnayeur de Loches de 26 ans obtint la clémence du roi.

Quant au sort réservé à l'exécuteur Denis, ce fut l'illustration d'une tradition ancienne qui veut que lorsque le bourreau remplit maladroitement son office et manque le condamné, il doit prendre la place du patient...

Place Foire Le Roi
- Tours, XVème siècle -

5 commentaires:

  1. C'est la nostalgie de ce genre de justice, qui te fait écrire ce billet ?
    ;)

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  2. Ah non, pas du tout. En fait, j'ai trouvé dernièrement un petit livre sur l'étude des moeurs, usages et coutumes du XVème siècle à Tours. Passionnant à lire ! l'histoire de ce Loys Secretain a retenu mon attention d'autant qu'elle se termine bien...au moins pour lui.

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  3. Il a quand même eu le temps de bouillir légèrement tout de même... ce crétin (c'est plus fort que moi, fallait que je la sorte...). En tout cas c'est très intéressant !

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  4. J'ai trouvé il y quelques années un petit livre très intéressant qui relate ce genre d'évènement. Celui-ci m'avait particulièrement marqué...

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  5. C'est sûr que ce n'est pas le genre d'évènements qu'on a l'habitude de voir en ce moment... Je n'imaginais pas qu'on pouvait aller jusqu'à bouillir quelqu'un vivant, ils avaient de l'imagination tout de même !

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